Lilah Carrié
À propos

Je m’appelle Lilah Carrié, je suis née en 2004 à Paris.
J'ai obtenu un baccalauréat général avec une spécialisation en arts. J'ai ensuite suivi une année préparatoire en art de 2022 à 2023.
J'ai été admise à la Haute École des Arts du Rhin à Strasbourg de 2023 à 2026, où j'ai étudié la céramique. J'ai obtenue un Diplôme National d'Art (DNA), spécialisation Arts Objet et mention Céramique.
Depuis que je suis petite, je suis en colère. Cette colère n’a jamais vraiment disparu.
Mon corps et mon esprit ont été remodelés, bousculés, parfois abîmés, de l’enfance à l’adolescence, jusqu’à ce moment trouble qu’on appelle “jeune adulte”.
Mon travail naît de là : il dresse un état des lieux de ces années passées à grandir en tant que fille.
Avec tout ce que cela implique : la colère, l’impression de ne jamais atteindre l’idéal qu’on nous impose. En mettant en regard deux mondes qui m’ont façonnée : celui des réseaux sociaux et d’internet, lié à mon
adolescence, et celui, plus doux, peuplé de jouets, de mon enfance.
Je suis en section céramique à la HEAR : la terre est donc mon médium principal ; j’ai acquis de solides connaissances à l’issue de ces trois années à la HEAR, notamment des techniques de transfert sur
céramique.
Je façonne mes sculptures à la main, dans un geste simple et instinctif. Les formes que je façonne en terre naissent de caprices : elles émergent d’un imaginaire enfantin et ressemblent souvent à des jouets.
Mon travail porte aussi sur les reliques de notre intimité numérique : les tiktok, les blogs, les messages, les lives, vidéos YouTube. Tous ces fragments de la vie moderne qui nous entourent sans qu’on y prête
attention.
J’utilise une esthétique douce, enfantine, presque « cliché », parce qu’elle dit exactement ce qu’on attend des filles : être jolies, lisses, légères. Mais quand on gratte la surface, on tombe sur la violence sexiste, la rage envers les hommes, la rébellion : abordée de façon risible et peu grinçante, le second degré est un point clef de mon travail.